Incapable de se mouvoir par elle-même, Véronique se fait orconduire par Diane. Quand elles entrent dans le cabinet, Suzie sort en marchant croche, les yeux bouffis pis la morve au nez. Elle est vêtue d’une robe de toile épaisse & grise qui lui arrive à mi-cuisse, son numéro d’écrou est stampé sur le tissus, à gauche sur la poitrine.
Diane fixe Véronique sur la table d’examen ultra-sophistiquée avec les sangles de cuir (deux pour chaque bras), après ça, a jacke ses deux jambes dins étriers chromés (deux sangles pour chaque jambe aussi : cuisses pis mollets), le cul flotte dans le vide, seul son dos, ses bras pis ses jambes l’ortiennent solidement.
Il fait un froid de cochon dans clinique, les nipples de la détenue pointent drette en louchant en direction du plafond. Des néons qui flickent l’éclairent cru.
En face d’elle : Gwendoline.
C’est la fille du docteur Jaguar, célèbre dans région de Lanaudière pour ses manipulations génétiques défiant toute éthique & professionnalisme. Il a d’ailleurs conçu Gwendoline en baisant avec une araignée Veuve Noire grossie six fois. Il s’est fait slasher par la bête queques secondes après le coït.
Gwendoline a donc une morphologie particulière : un visage découpé au couteau comme une mannequin pro avec douze petits yeux noirs qui t’en feraient frissonner une shot si elle t’orgardait, des bras musclés (aux grandes mains gantés de latex au moment qui nous intéresse), une poitrine minuscule où la peau est à jonction d’une épaisse carapace noire pour constituer un énorme céphalothorax, elle est jackée sur ses quatre pattes de derrière — chaussées de boots de ballerine dix-huit trous avec des talons de sept pouces, elle est gracieuse en sale en se déplaçant là-dessus —, ses deux autres appendices supra-pointus lui servent de trois pis quatrième bras (orcouverts de latex aussi), backstore, il y a son gros abdomen luisant qui la suit, tatoué de sa fameuse marque rouge. Gwendoline est grande en tabarnak quand elle s’ordresse, elle passe pas dans le cadre de porte, oh no !
— Ma belle... (Gwendoline dispatche trois yeux sur le dossier de Véronique posé sur une table pas loin.) Ma belle Six cent soixante-cinq, je vas te faire un p’tit check-up pour savoir si t’as besoin d’une médication particulière, si t’es allergique aux pinottes ou si faut carrément te mettre en quarantaine parce que t’es fuckin infectée par un truc pas clair. T’es ready ?
Véronique répond en gémissant doucement, elle se rend pas vraiment compte de ce qui se passe, son corps en entier la fait souffrir pis elle voient des picots noirs tellement c’est intense.
— Faque je vas procéder.
Diane assistera la docteur : lui passera les outils dont elle a besoin, orprendra ceux dont elle viendra de se servir, rangera les fluides précieusement recueillis dedans divers bocaux, pis notera les observations de la spécialiste dans un vieux calepin Moleskine.
Gwendoline approche une lampe chirurgicale puissante sur sa patiente. Elle commence par désinfecter le bras de Véronique avec de l’alcool, pis y plante l’aiguille d’une seringue géante pour lui prendre un échantillon d’hémoglobine.
Elle pratique ensuite un examen des ovaires, les palpe violemment.
Pis.
Cliquetis métalliques. Gwendoline délock la table d’examen pis fait faire un demi-tour sur elle-même à Véronique qui s’ortrouve ainsi le visage vers le sol, le cul dressé vers le plafond. La pauvre vomi sur le plancher de ciment.
— Notez, Diane, que la petite a l’estomac fragile... Poire.
Diane orfile la poire à lavement à Gwendoline qui est après lubrifier l’anus de Véronique en la doigtant savamment. La canule de la poire — préalablement lubrifiée elle aussi — s’enfonce comme un charme dans le trou. Le flot d’eau légèrement salée donne des sueurs froides à Véronique. L’opération nécessite quasiment un litre d’eau pour que Véronique geigne une shot afin d’indiquer qu’elle est loadée adéquat.
Gwendoline flipe à nouveau Véronique, elle orvient ainsi à sa position initiale. Diane place une bassine sous le cul de la prisonnière qui se met aussitôt à se vider les intestins comm’faut. Queques petits pets indiquent qu’il reste p’us rien à l’intérieur.
— Ma belle, tes selles sont chouettes, t’aurais du voir la quantité de vers qu’on a récoltée chez la détenue précédente. Un chick qui, selon toute vraisemblance, devait se gratter l’entre-fesse pis se ronger les ongles compulsivement... Diane, veuillez mettre sa marde de côté, j’en ferai une analyse par fécalogramme un peu plus tard. Les matières fécales sont une mine de renseignements !
La docteur torche les fesses de Véronique avec une débarbouillette humide tandis que Diane fouille dins jouets éparpillés sur le chariot en stainless, elle s’empare de deux spéculums Collin : un écarteur anal pis un autre de six pouces. Elle les tend à la Gwendoline.
Cette dernière sauce ses pattes pointues dans le lubrifiant prévu à cet effet, pis les enfoncent simultanément dans chatte pis dans le cul de Véronique.
La chick sursaute même si ça entre tranquillement ; elle s’est déjà faite faire une double-pénétration, elle avait trippé, mais c’était dedans des jours plus heureux. C’était quand elle fréquentait Morvan Trépanier, un crisse de freak de la Rive-Sud. Lui pis un de ses chums de brosses l’avaient squeezée à sortie d’un show de Skinny Puppy. Ils l’avaient ramenée dans un squat crade sur Sainte-Cath à proximité du Métropolis. Une expérience décadente mais mémorable. Les deux mecs l’avaient joyeusement douchée au sperme, quasiment en même temps. Ah que ç’avait été bon ! Presqu’autant qu’avec Gaudette III l’année précédente. Sauf que Gaudette III était tout seul lui !
Gwendoline insère minutieusement les deux spéculums après avoir dilaté correct les trous. Elle écarte les parois wide — clic ! — pendant que Véronique se met à chialer comme un poupon qui vient de manger une volée par un père fuckin abuseur. C’est comme une décharge électrique au travers tout son corps.
Diane se charge de la gueule avec un écarteur à mâchoires particulièrement encombrant. Elle crinque l’instrument jusqu’à ce que la comissure des lèvres manque de fendre. Elle prélève ensuite de la salive avec un Q-Tips.
Véronique, ouverte des trois trous, est incapable de se tortiller tellement elle est bin fixée à table. Elle se réfugie alors dedans sa tête pour tenter de fuir son environnement immédiat, à savoir la géhenne intolérable qu’on pratique présentement sur son corps. S’il y a un avantage vraiment plus hot à être un humain plutôt qu’un animal (perso, je préfererais largement faire partie de la faune au lieu d’être un membre en règle de la société), c’est sûrement d’avoir la possibilité de passer en mode purement psychologique, de quitter — pour une fois ! — le physique en un switch ultra-précis (sinon, je vois pas vraiment l’intérêt à se pavaner en être supérieur, au fait, je t’ai déjà parlé de mon désir de rayer l’humanité de la carte ? bah, une autre fois ).
CHAPITRE SEPT
Section : chapitres supprimés